24/06/2009
Des traces de pesticides dans les urines de femmes enceintes
Des traces de pesticides ont été décelées dans les urines de femmes enceintes, dans certains cas longtemps après leur exposition, selon une étude publiée par l'Institut de veille sanitaire (InVS).
par Emmanuel Grenier
Dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire N°27-28, consacré à la surveillance en santé environnementale, l'InVS cite une étude menée par une équipe de l'Inserm de Rennes à partir d'un échantillon de plus de 500 femmes en début de grossesse observée en Bretagne entre 2002 et 2006 (la cohorte « Pélagie »).
Les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux herbicides de la famille des triazines et aux insecticides organophosphorés, parce qu’ils sont considérés comme « potentiellement toxiques pour la reproduction et le neurodéveloppement ».
L'atrazine et la simazine, de la classe des triazines, sont des herbicides interdits en France depuis fin 2003, mais « leurs produits de dégradation se déplacent dans les eaux et sont encore très présents dans l'environnement », notent les chercheurs. Dans le monde, l'atrazine est « un des herbicides les plus utilisés », et des effets toxiques voire mortels sur l'embryon animal ont été rapportés, suite à une forte exposition prénatale. Quant aux insecticides organophosphorés, d'usage agricole et non agricole, des effets neurotoxiques ont été observés pour des niveaux d'exposition modérés, voire faibles.
Les chercheurs ont dosé 52 molécules et quasiment toutes les femmes (98,4%) avaient au moins l’une des molécules recherchées dans leurs urines. Les deux tiers en avaient plus de six. L’étude montre que l’on retrouve des traces d'exposition à l'atrazine et à la simazine chez une minorité des femmes. Par contre, on retrouve des métabolites chez la majorité d’entre elles. Ainsi, les métabolites dialkylphosphates (DAP), commu à de nombreux insecticides organophosphorés, ont été retrouvés dans plus de 90% des échantillons urinaires.
Selon les chercheurs, les taux de pesticides mesurés chez des femmes résidant en Bretagne restent inférieurs à ceux mesurés aux Pays-Bas et surtout aux Etats-Unis, particulièrement en Californie. Rappelons que rien ne permet pour l’instant de dire si ces traces de pesticides ont un impact sanitaire sur le fœtus ou son développement. Les chercheurs vont justement tenter d’évaluer ces impacts, dans une étape ultérieure, sur la cohorte Pélagie.






