Pesticides dans les jardins : besoin d’information - Actualités NetSE - Santé et Environnement

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17/07/2009

Pesticides dans les jardins : besoin d’information

L’union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts (UPJ) alerte sur les effets pervers d’une mesure visant à interdire toute forme de communication vers les jardiniers amateurs. Au détriment de ceux-ci, selon elle.

par Emmanuel Grenier

Pendant longtemps, on a ignoré les problèmes posés par les utilisations non-agricoles des pesticides. Les associations de protection de l’environnement étaient focalisées sur la lutte contre l’agriculture intensive, oubliant par exemple que la SNCF ou l’ensemble des communes sont les plus gros consommateurs d’herbicides.

Pourtant, ce domaine qui comprend aussi le jardinage amateur, présente plusieurs difficultés : les applicateurs ne se protègent pas du tout ou pas correctement. Et le surdosage est la règle. Même si le risque sanitaire est limité du fait que les produits les plus dangereux ne sont pas agréés pour l’utilisation en jardin, le principe de précaution impose de réagir.

Dès 1999, l’UPJ avait organisé des « rendez-vous de la Clinique des plantes », destinés à pallier les carences des jardiniers amateurs et aussi à les protéger contre une mauvaise utilisation des produits phytosanitaires. Elle publiait la même année un guide des bonne pratiques pour les professionnels des espaces verts.

La refonte de son site Internet est dans le droit fil de cette démarche. De même, elle vient de s’engager pour une « publicité responsable », qui suppose de réserver un quart de la surface aux bonnes pratiques d’utilisation et qui interdit la promotion par quantité.

« Patatras ! » dit Christophe Juif, le nouveau Président de l’UPJ : l’article 40 du projet de loi Grenelle 2 vient mettre à terre ce dispositif. Il prévoit d’interdire toute forme de publicité pour les produits phytosanitaires, y compris la publicité sur les lieux de vente.

L’UPJ affirme partager l’objectif de « réduction de l’usage des produits phytosanitaires en zones non agricoles » fixé par le Grenelle de l’environnement et décliné par le plan Ecophyto 2018. Mais elle s’élève contre la mesure prévue par l’article 40, qualifiée de « malvenue ».

L’Etat ayant déserté depuis toujours le champ de la communication sur les bonnes pratiques vers les jardiniers amateurs, celle-ci dépend des fabricants et des distributeurs. Jacques My, le directeur général de l’UPJ, appelle donc « les parlementaires chargés du dossier à reconcevoir l’article 40 sous un nouvel angle, en troquant un texte totalement prohibitif contre un texte constructif, assurant la sensibilisation du grand public à un jardinage responsable et durable. »

Pour l’instant, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno reste insensible à ces arguments : devant les sénateurs elle a défendu cet article 40. Il reste l'été et le début de l'automne pour réfléchir.