PFOA, la vigilance est toujours de mise - Actualités NetSE - Santé et Environnement

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10/11/2009

PFOA, la vigilance est toujours de mise

Le réseau Environnement Santé (RES) lance une alarme à propos du PFOA – reconnu comme un contaminant persistant de l’environnement – que l’on retrouve notamment dans les revêtements anti-adhésifs des ustensiles de cuisson. RES conteste l’avis de l’Afssa du 13 mars 2009 dont les conclusions rapportent un « risque négligeable » pour la santé du consommateur.

Par Rémi Vaugeois et Emmanuel Grenier

Les PFOA sont des acides perfluoro-octanoïques utilisés pour la production des articles à utilisations répétées au contact de nombreux types de produits alimentaires (revêtements d’ustensiles de cuisine comme les poêles et casseroles antiadhésives, moules à gâteaux, emballages de pop corn ou de pizza pour usage au micro-onde, tuyaux, etc).

Le 30 septembre dernier, le réseau Environnement Santé, composé d’associations, d’ONG, de scientifiques et de professionnels de santé a demandé l’arrêt de l’utilisation de ces substances. André Cicolella, chercheur en évaluation des risques sanitaires à l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS) et porte-parole de RES, s’inquiète par exemple d’une étude épidémiologique menée au Danemark suivant laquelle « il y a 2,5 fois moins de spermatozoïdes chez les hommes les plus imprégnés en PFOA et PFOS ».

L’Agence Française de Sécurité Sanitaires des Aliments (Afssa) a certes ignoré cette étude dans son avis du 13 mars 2009, mais elle n’est parue qu’en juin et n’avait été mise en ligne que le 1er mars. De façon générale, l’avis n’aborde pas l’impact du PFOA comme perturbateur endocrinien.

Chez l’Afssa, on précise aussi n’avoir retenu que les voies d’administration orales pour formuler son avis, car aujourd’hui, « il est difficile d’évaluer les conséquence d’autres voies d’administration ». « Considérant que le PFOA et ses sels ne sont pas génotoxiques, que le mécanisme de cancérogenèse chez les rongeurs n'est pas extrapolable à l’Homme », l’Afssa souligne que les chiffres observés demeurent nettement en deçà des valeurs toxiques de référence fixées par l’AESA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), soit 0,0025 µg/kg/j pour une exposition réaliste au PFOA via les matériaux au contact des aliments, et 0,3 µg/kg pc/j pour une exposition théorique maximale. Alors que « la DTJ (dose journalière tolérable) dérivée par l’AESA (2008) pour le PFOA est de 1,5 µg/kg/j ».

Des explications insuffisantes pour RES, qui voudrait que « l’expertise soit conduite non par la seule AFSSA, mais sur un mode interagence », du fait de la multiplicité des sources d'exposition, et qui conteste la méthodologie de calcul de la dose journalière admissible. Contactée par nos soins, Marie-Hélène Loulergue, Directrice adjointe de l’évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l’Afssa, signale que l’on reste « très vigilants » car « il s’agit de contaminants de l'environnement persistants ».  »Et de rappeler qu’« une Étude d’Alimentation Totale est en cours afin de poursuivre l’évaluation du dosage de nombreuses substances dont les PFOA et PFOS ». Les premiers résultats de ces analyses seront connus courant 2010.