L'OMS remet les risques environnementaux en perspective - Actualités NetSE - Santé et Environnement

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30/11/2009

L'OMS remet les risques environnementaux en perspective

L'organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un rapport faisant le point sur les risques sanitaires de la planète. La compréhension de ces résultats est absolument cruciale pour que notre stratégie d'amélioration de la santé publique soit efficace. Car nous sommes inégaux devant les risques environnementaux.

par Emmanuel Grenier

L'eau bactériologiquement non conforme et le manque d'hygiène y figurent en bonne place dans ce classement (11ème place). La pollution intérieure due aux combustibles solides (charbon, biomasse) et la pollution atmosphérique y figurent également, respectivement aux 10ème et 14ème places. Les risques liés au travail viennent en 15ème position.

Par contre, il faut souligner l'absence totale des risques chers aux associations écologistes : dioxines, rayonnement ionisant ou non-ionisant, pesticides, nitrates, etc. Tous ces risques disparaissent devant les risques énormes que sont l'usage du tabac, la pression sanguine trop élevée, l'inactivité, l'obésité et le surpoids.

Raisonner à une échelle planétaire pouvant être trompeur, il faut s'intéresser davantage au classement des risques selon le type de revenus. L'OMS a réparti les pays en trois groupes, à haut, moyen et bas revenu.

Pour ce qui concerne les pays à hauts revenus, groupe auquel appartiennent la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, deux risques environnementaux apparaissent dans les dix premiers facteurs de mortalité : la pollution atmosphérique urbaine (à laquelle sont attribués 2,5% des morts) et les risques liés au travail (1,1%).

Là encore, on est loin des principales causes de mortalité, qui restent le tabac (17,9%) ou la pression sanguine (16,8%). A noter que ces deux risques environnementaux ne se retrouvent même plus dans les dix premiers risques lorsque l'on fait le calcul en années de vie en bonne santé perdues (DALYs dans l'acronyme anglais), une façon de calculer qui donne davantage de poids aux morts des jeunes classes d'âge et aux problèmes de santé qui ne mènent pas à une mort à court terme.

Les risques liés au travail atteignent les hommes beaucoup plus que les femmes. Sur les quelque 350 000 travailleurs qui perdent la vie chaque année dans un accident du travail, plus de 90 % sont des hommes, surtout en Chine et en Asie du Sud-Est.

L'OMS a commencé à tenter de quantifier les risques dus au changement climatique. Selon elle, 0,3% de la mortalité lui est attribuable dans les pays à moyen et faible revenu. Un chiffre qui tombe à zéro pour les pays à haut revenu.

Cette inégalité se retrouve lorsque l'on regroupe les cinq premiers risques environnementaux : la fumée des combustibles solides, l'eau bactériologiquement non conforme et le manque d'hygiène, la pollution atmosphérique urbaine, le changement climatique et l'exposition au plomb. Dans les pays à haut revenu, ces cinq risques combinés ne représentent que 2,6% de la mortalité alors que c'est 10,3% pour les pays à moyen et faible revenu.

Bien sûr, tous ces chiffres sont encore loin d'avoir une fiabilité absolue. Il s'agit d'agrégats de données à la fiabilité variable, celle-ci dépendant de la qualité des systèmes sanitaires et statistiques nationaux. Néanmoins, l'OMS précise dans une notice méthodologique avoir bien progressé dans la cohérence de ses bases de données.