23/12/2009
Le bal des hypocrites
On connaissait déjà les « hélicologistes » Yann-Arthus Bertrand, Nicolas Hulot ou Nicolas Vannier. Par leurs déplacements en hélicoptères, ils battent aisément les records d’émission de carbone qu’ils condamnent par ailleurs. Nous avons maintenant les politiques, avec entre autres Jean-Louis Borloo et Cécile Duflot.
par Emmanuel Grenier
Le sommet de Copenhague a donné lieu à une inflation. Jean-Louis Borloo, pour contrer sa caricature des Guignols en poivrot négligé, fait valoir qu'il passe « une nuit sur deux dans un avion » à l'approche du sommet de Copenhagu eet que ce rythme « impose une hygiène de vie proche de celle d'un athlète de haut niveau ». Une nuit sur deux dans un avion ? De quoi faire exploser son « bilan carbone » !
Même pour aller à Bruxelles, Jean-Louis Borloo prend l’avion alors que le Thalys serait beaucoup plus efficace. Mais c’est une question de « standing », selon l’un de ses collaborateurs. Il faut croire que Chantal Jouanno n’en a pas puisqu’elle prend le train pour se rendre dans la capitale belge. Un comportement plus compatible avec les objectifs de son ministère.
Car les voyages en avion ne sont pas bien considérés dans la galaxie écologiste. Sauf évidemment pour soi. Ainsi d’Albert Gore qui dans son film Une vérité qui dérange se montre à la fois en globe trotter impénitent (toujours dans un hall d’aéroport ou dans une limousine) et en pourfendeur impitoyable des émissions de carbone.
La palme de l’hypocrisie revient à Cécile Duflot, la porte-parole des Verts. Elle a convoqué les journalistes lors de son départ pour Copenhague par le train, le vendredi 11 décembre. Le train « climate express » était affrété par les Amis de la Terre et a transporté 800 militants pour un voyage de 15 heures.
Cécile Duflot n’hésita pas à se poser en modèle de vertu : « Vous ne me verrez jamais dans un avion lorsqu'il m'est possible de prendre le train ». Pour avouer aussitôt après qu’elle prendrait l’avion pour rentrer (2 heures) car elle devait être présente au journal télévisé de 13h de France 2, le dimanche 13 décembre. Se montrer à la fois à Copenhague pour la manifestation du samedi et à la TV française le dimanche est apparu à la dirigeante verte une nécessité absolue, qui valait bien un voyage en avion.
Commentaire de Jean-Michel Apathie sur son blog : « Que le respect de la planète et de ce qui tourne autour dépende d’une invitation dans un journal télévisé en dit long sur la foi, la détermination et le besoin de lumière de ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire ».
Enfin, les journalistes ne font guère mieux, avec notamment Laurence Ferrari, qui a éprouvé le besoin de rejoindre la troupe de ceux qui se rendent au Groënland (en avion + hélicoptère évidemment) pour vérifier que « le réchauffement est bien une réalité ».






